Quelle note vous donne votre banque ?

Les entreprises peuvent désormais savoir comment elles sont notées par leurs banquiers....

Mise en ligne le : 22/02/11  

Depuis un an, la loi «Brunel» en faveur de l’accès au crédit des PME oblige les banques à fournir et expliquer leur notation, à la demande des entreprises sollicitant ou bénéficiant d’un prêt. Une disposition indispensable, selon Jean-François Roubaud, le président de la  CGPME, pour accroître la transparence dans la relation entre les banques et les PME. «Depuis la réforme des ratios prudentiels introduite par Bâle II, les entreprises se voient attribuer une note individuelle par les banques, en fonction du risque de crédit qu’elles présentent, explique-t-il.

 

Les établissements de crédit peuvent se référer à la cotation de la Banque de France, mais la plupart ont préféré mettre en place un système de notation interne. Il est donc important que les PME puissent le connaître. En outre, demander sa note instaure un dialogue entre le chef d’entreprise et sa banque, et peut ensuite lui donner des arguments pour discuter de son crédit.»

Pour l’instant, peu d’entreprises ont saisi cette opportunité. La plupart semblent n’en être qu’au stade de la réflexion.

 

Le rôle de la note fait débat

«Obtenir sa note n’a pas de sens pour un client, car il ne peut pas la comparer avec celle des autres établissements, chacun ayant ses propres méthodes et échelle de notation, estime Pierre Tonnelier, directeur adjoint du marché des entreprises de la Société Générale. En outre, la note ne décide pas de l’octroi du crédit. L’analyse du dossier s’appuie en effet sur les capacités financières de l’entreprise et ses perspectives d’activité…

 

Côté client, la note n’aura d’incidence que sur le circuit de traitement de la demande de crédit : un chargé de clientèle disposera de plus d’autonomie sur le dossier d’un client bien noté, et devra rechercher un deuxième avis sur la demande du Dans le cadre de Bâle II, les principales banques ont choisi de développer leurs propres outils d’évaluation du crédit. «Ces systèmes sont généralement établis à partir des bilans, comptes de résultat, et des comptes courants des entreprises, constate un spécialiste. Les banques prennent également en compte la

cotation de la Banque de France (BDF) ainsi que leur propre analyse.»

 

A la Société Générale, une entreprise est notée de 1 (la meilleure note) à 10, avec des sous grades (+ ou -). A chaque note est associée une probabilité de faire défaut à un an. « Pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 3 millions d’euros, nous sommes en train de mettre en place un système de notation plus  automatisé basé sur des données bilancielles, explique Pierre Tonnelier. Notre objectif est de simplifier le processus en concentrant notre attention sur les clients pour lesquels des alertes apparaissent. Pour les plus grandes entreprises, le processus est complété par l’examen d’éléments non comptables (comme l’expérience du management, l’environnement économique du secteur…).

 

La cotation BDF reste regardée par les chargés de clientèles pour un avis externe, mais n’entre pas dans la modélisation. Notre notation et cette cotation ne convergent donc pas nécessairement.» Bonne nouvelle, cependant, l’impact de la crise n’aurait pas généré de dégradation massive

des notes des PME. «La majorité des notes est restée à l’identique, observe Pierre Tonnelier. Les entreprises paraissent donc dans l’ensemble avoir pris les bonnes mesures pour faire face à la baisse de leur activité». Lors des Etats généraux de l’industrie qui s’étaient déroulés au début de l’année, les banques avaient d’ailleurs été appelées à tenir compte de l’environnement économique exceptionnel dans leur évaluation des entreprises.

 

                                                                                                                                                                           Source : Option-Finance N°1091